La cave de Rauzan compense la baisse des rendements par de nouveaux adhérents

La cave de Rauzan compense la baisse des rendements par de nouveaux adhérents
Un article à retrouver sur Vitisphère.
Lundi 14 septembre 2020 par Alexandre Abellan
Face aux demandes d’adhésion, « nous aurions pu rentrer 50 à 100 ha de plus » note Philippe Hébrard. – crédit photo : DR
Passant le cap des 4 000 ha, la coopérative bordelaise maintient son attractivité malgré les difficultés commerciales actuelles. Ce qui lui permet de maintenir ses coûts à l’hectolitre vinifié en dépit des décisions syndicales et de la sécheresse.

« C’est un vieil adage : le système coopératif marche bien en période de crise » cite Philippe Hébrard, le directeur général de la cave de Rauzan (350 adhérents). Alors que les panneaux de vignes à vendre et que les parcelles non entretenues essaiment le vignoble bordelais, la coopérative de l’Entre-deux-Mers a vu bondir le nombre de demandes d’adhésion cette année.

Stoppant en mai les nouvelles adhésions, la cave a été extrêmement sollicitée : « nous avons mis en place une sélection en refusant les blancs (au vu des difficultés de ce marché), en demandant la certification Haute Valeur Environnementale (HVE), en étant ouvert à la bio… » rapporte Philippe Hébrard. En 2020, Rauzan accueille un supplément de 350 hectares, issus aussi bien des surfaces d’adhérents s’agrandissant (de nombreuses vignes étant à vendre, pour des prix en baisse) que de nouveaux adhérents (domaines en difficulté, viticulteurs changeant de cave coopérative, structures connues commercialisant en direct et se délestant d’une partie de leur potentiel de production…).

4 000 ha

Ayant déjà intégré 200 ha de nouvelles vignes en 2019, la cave de Rauzan passe le cap des 4 000 ha cette année. Enregistrant une hausse de 14 % de sa surface en deux ans, la coopérative affiche sa confiance : ces nouvelles surfaces vont lui permettre d’amortir ses charges fixes. En AOC Bordeaux rouge, « les rendements autorisés* sont descendus de 10 %, ce qui est compensé par ces nouvelles entrées pour nos charges à l’hectolitre » résume Philippe Hébrard.

S’il est préoccupé par les volumes invendus du millésime 2019, le directeur de la cave coopérative se montre confiant dans l’avenir. Sentant une reprise des marchés, il se dit confiant dans la capacité de valorisation de ces nouveaux volumes. « C’est comme si l’on absorbait une cave coopérative » souligne Philippe Hébrard. Entamées ce début d’année, les négociations pour une fusion entre les caves de Rauzan et de Ruch ont d’ailleurs été ajournées, la crise du coronavirus rendant trop incertain tout projet d’investissement.

 

« Modèle économique plus performant« 

Reconnaissant avoir baissé les paiements mensuels à ses adhérents en avril (pour les rétablir dès mai), Philippe Hébrard note que le Covid-19 a généré des à-coups de trésorerie, mais souligne la robustesse du modèle coopératif. Talonnant en surfaces la cave coopérative de Tutiac (4 000 ha), mais pas le leader l’Union de Guyenne (5 000 ha), Rauzan affiche son avance en termes de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) étant la première, et seule, structure bordelaise à être certifiée Vignerons Engagés. « Notre objectif ultime en tant que cave coopérative, c’est que notre modèle économique soit le plus performant du bassin géographique pour pérenniser les exploitations de nos adhérents » conclut Philippe Hébrard.

  

* : Concernant les rendements agronomiques, « fin août nous craignions des vendanges pléthoriques, mais les rendements des premières parcelles rouge sont plus bas à cause de la sécheresse » souligne Philippe Hébrard, rapportant que les rendements baissent chaque jour (-1 hl/ha). S’il y a eu une belle sortie de grappes, les baies sont petites et produisent peu de jus.

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